Français d’origine Vietnamienne et fier de l’être

J’ai décidé d’écrire mon premier article aujourd’hui, dimanche 27 mai, le jour de la fête des mères en France et le jour de l’anniversaire de mon ami Matthias Lê à Hanoï.

Cet article me tient très à coeur car c’est le premier que j’écris sur VoyagenToi.

Cet article vient aussi après la découverte de mon pays d’origine, le Vietnam.

En effet, je suis rentré vendredi dernier – 25 mai 2018 – du Vietnam, où je viens de passer deux semaines à Hanoi, pour proposer mon travail en développement personnel, yoga, méditation, art thérapie et comédie musicale, au Learning Hub, un espace de travail collaboratif pour acteurs du changement au Vietnam.

Cela m’a aussi permis de découvrir mes origines, mes racines, ma terre. Avant de partir, j’étais terrifié à l’idée de retrouver mes racines. J’ai longtemps voulu retrouver mes origines lors de mes nombreux voyages en Asie (Japon, Thaïlande, Myanmar) mais je n’ai jamais vraiment sauté le pas.

Monsieur Dinh-Long Pham – mon petit frère de coeur (“em” en vietnamien) & compère d’expériences étranges à travers le monde – habitant à Hanoi depuis janvier, me propose début avril de tenter l’aventure vietnamienne et de travailler en tant qu’intervenant au Learning Hub.

Avant de partir, j’avais beaucoup d’a priori. Beaucoup de voyageurs et membres de ma famille m’avaient dressé un portrait péjoratif des Vietnamiens. D’après eux,  les Vietnamiens ne seraient pas les plus accueillants du monde, ils seraient agressifs et chercheraient souvent à vous arnaquer. Je vous laisse donc imaginer mon angoisse rien qu’à l’idée de savoir comment ils allaient accueillir le Franco-Vietnamien, Viet Kieu (expression vietnamienne pour nommer les Vietnamiens nés à l’étranger) que je suis, fruit d’une famille qui a fui le pays.

Et bien figurez-vous que c’est tout le contraire: j’ai été agréablement surpris et je suis même littéralement tombé amoureux de Hanoi. Les Vietnamiens que j’ai rencontrés au Learning Hub sont d’une gentillesse incroyable. Ils m’ont accepté pour qui j’étais, pas en tant que Viet Kieu, mais en tant que William Bao Son Trinh; à la fois Français et Vietnamien. Ils m’ont aussi laissé l’opportunité de présenter mon travail. De vrais échanges se sont créés. Chacun d’entre eux était d’une richesse incroyable, avec leurs histoires propres à eux. De plus, j’ai reçu des retours positifs concernant mon travail; comme des lettres et des messages de gratitude.

Vous allez me dire: “en même temps William, tu es parti travailler dans un espace pour acteur du changement avec des personnes qui te ressemblent… ils ne représentent pas tout le Vietnam”. Figurez-vous que j’ai aussi passé du temps en dehors du Learning Hub. Que ce soit seul à gambader dans les rues pour manger un Phở (plat de nouilles vietnamien), un Chè (dessert vietnamien) ou boire un Nước mía (jus de canne à sucre), ou en excursion à la baie d’Halong ou à Ninh binh.

Figurez-vous que mes a priori étaient erronés. Malgré mon vietnamien approximatif qui laisse deviner que je ne suis pas un local. Malgré le fait que je sois un Français d’origine vietnamienne, je ne me suis jamais senti jugé ou même pris pour un simple Viet Kieu qui a de l’argent du fait d’avoir grandi dans un pays avec une monnaie plus forte.

J’ai longtemps rejeté mes origines vietnamiennes. Parce que les vietnamiens ne sont pas les premiers à exprimer leurs sentiments et que j’ai toujours été quelqu’un qui eût besoin d’exprimer ce qu’il pense à travers l’art, la parole ou même en thérapie. Je me présentais toujours comme étant Français au grand désespoir de ma famille. Parce que, pour moi, je suis Français et je ne connaissais rien du Vietnam.

Le fait d’avoir découvert mon pays d’origine d’une manière différente, en m’imprégnant vraiment de la vie au Vietnam, en proposant mon travail, en essayant de parler la langue malgré mes peurs et mes difficultés, m’a permis de casser tous les a priori que j’ai pu avoir de mon pays d’origine. Malgré le fait que je sois un Français Vietnamien, un Viet Kieu, le Vietnam m’a vraiment très bien accueilli. J’ai rencontré une famille de coeur là-bas, le Learning Hub. Mais aussi plein de commerçants de rue, d’artistes, de chauffeurs Grab (Uber asiatique), de personnes atypiques pleines de bienveillance.

Pour conclure, en développement personnel, on parle souvent de la loi de l’attraction. On attire ce qui résonne en nous. Sois bienveillant avec toi-même, et tu attireras les personnes bienveillantes au bon moment, au bon endroit, que ce soit dans ton pays de naissance, d’origine, ou à travers le monde. Et à l’heure d’aujourd’hui, je ne rejette plus du tout mes origines. bien au contraire, j’en suis fier.

Quand une personne me dit que je prends tout au premier degré, du fait de mon éducation vietnamienne, j’arrête de m’excuser et j’en suis fier. Je suis fier de ne pas rire à l’humour cynique à la française que je ne comprends pas toujours. Parce que je suis ni Français… ni Vietnamien… Je suis Français Vietnamien, Viet Kieu et fier de l’être.

Je suis juste moi, William Bao Son TRINH.

Raconte moi ce nom étrange, si difficile à prononcer, que je porte depuis que je suis né…

Paroles de la chanson Bonjour Vietnam de Quynh Anh et Marc Lavoine

 

French with Vietnamese background and proud of it

I decided to write my first article today, Sunday May 27th, 2018, on Mother’s Day in France, and on the birthday of my friend Matthias Lê in Vietnam. This article is very important for me: it’s the first time I share my thoughts since I started the journey with my company VoyagenToi. This article also comes after my first journey in the country of my parents: Vietnam.

I just came back from Vietnam last Friday – May 25th, 2018 – where I spent 2 weeks in Hanoi to offer my work in personal improvement, yoga, meditation, art therapy and musicals at The Learning Hub, a collaborative workspace for changemakers in Vietnam.

It also allowed me to discover my origins, my roots and my land. Before going to Vietnam, I was terrified about finding my roots. Actually, I always wanted to find my roots during all my trips in Asia (Japan, Thailand, Myanmar) but I never had the guts.

Mister Dinh-Long Pham – my little brother by heart (“Em” in Vietnamese) and my buddy for any weird experience -, lives in Hanoi since January and, in early April, offered me the opportunity to work as a host at The Learning Hub so I could try the “Vietnamese Adventure”.

Before going to Vietnam, I had a lot of negatives expectations: a lot of travelers and members of my family painted such a negative portrait about Vietnamese people. According to them, Vietnamese people are not welcoming, they are aggressive and they always want to scam you. You can imagine my anxiety not knowing how they will receive a French Vietnamese, Viet Kieu (Vietnamese word for overseas Vietnamese) that I am, descendant of a family who ran away from the country.

Well – that was all bullshit. It was the complete opposite – I was so surprised and I completely fell in love with Hanoi. The people I met at The Learning Hub are amazingly kind. They accepted me for who I am, they didn’t consider me as a Viet Kieu, but as William Bao Son TRINH… the guy who’s both French and Vietnamese. They let me share my work with them.

They are let me the opportunity to present my work. We really bonded together. Each of them was so interesting and I enjoyed listening to their own authentic story. Moreover, I had so many positive feedbacks about my work and I even received some gratitude letters.

I can see you saying: “but, William; you only met like-minded people at The Learning Hub, they can’t really represent Vietnam as a whole”. Well, I also spent time outside The Learning Hub – just walking around the streets to eat a Phở (Vietnamese noodle soup), a Chè (Vietnamese dessert) or drink a Nước Mía (sugarcane juice). I visited Halong Bay and cycled around Ninh Binh.

My negative expectations were wrong. Despite my approximative Vietnamese that let everyone knows that I am not a local. Despite the fact that I am a French Vietnamese, a Viet Kieu, Vietnam really welcomed me well. I never felt judged and considered as a Viet Kieu who was born in a rich country.

For a long time, I rejected my Vietnamese roots. Because I know that Vietnamese people are not the best to express their feelings, and I have always been someone that needed to express how I felt through speaking, art or even therapy. I used to always identify myself as a French even if my parents didn’t like it. Because, for me, I was French and I didn’t know that much about Vietnam.

Having discovered my root country in a different way really made me feel Vietnam. I tried my best to drop my fears, to share my work, to speak out my broken Vietnamese, to think different and without judgment. All of this made me drop all my negative expectations.

Even though I’m a French Vietnamese, a Viet Kieu; Vietnam really welcomed me well. I met a new family at The Learning Hub; but also many street vendors, artists, Grab drivers (Asian Uber) and weird people full of kindness.

Finally, in personal improvement, we hear a lot about the law of attraction: we attract who we are and what resonates inside us. Be kind with yourself and you will attract kind people at the right place, at the right time, no matter where you are, in your birth country, native country or anywhere around the world. Today, when I am writing these words, I don’t reject my origins anymore – in fact, quite the opposite, I embrace my roots and I’m proud of it.

When a person says that I take a joke too seriously, due of my Vietnamese education, I stop making excuses and I’m proud. I’m proud not to laugh at every cynical French joke that I sometimes don’t even understand. Because I’m not French or Vietnamese, I’m just a French Vietnamese, a Viet Kieu and I’m proud of it.

I’m just me, William Bao Son TRINH.

Tell me all about your name, that is difficult to say. It was given me the day I was born…

Lyrics of the song “Hello Vietnam of Quynh Anh and Marc Lavoine”